pages tags, SEO et e-commerce

  • Date : 23 Sep 2014
  • -Auteur : Sébastien VALLAT
  • -Catégorie : Référencement naturel & Contenus
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23 Sep 2014

Sous-cat… astrophique ?

Quoique l’on vende sur internet, l’arborescence classique univers/catégories/sous-catégories connaît quelques limites dès lors que les produits se multiplient et se diversifient et/ou que l’on vise à se positionner sur un maximum de requêtes. Rendre l’ensemble à la fois cohérent et facilement accessible aux visiteurs et intéressant pour les moteurs de recherches devient vite un casse-tête : la pagination se multiplie dans les catégories, et l’éparpillement des produits dans des flopées de sous-catégories (ou sous-sous catégories…) s’avère vite indigeste. La navigation à facette et ses multiples filtres (par marque, couleur, matière etc…) n’arrange rien les choses, car sémantiquement, on se retrouve plus dans une logique de spécialisation que de complémentarité, ce qui n’apporte, en terme de pertinence, peu ou pas grand chose de plus, si ce n’est des freins à un bon référencement (duplication, manque de contenu…). Dès lors, si la page est indexée quand même, son positionnement dans les pages de résultats des moteurs est à la hauteur de la technique, c’est à dire très très aléatoire. Mais surtout, elle ne valorise pas les autres pages ou les produits susceptibles de générer trafic et ventes inhérentes.

En revanche, il est fréquent que des produits puissent aussi trouver leur place dans des thématiques ou des univers croisé(e)s qui ne collent pas totalement (voire pas du tout) à la logique de l’arborescence en place, bien que ces thématiques répondent à des requêtes porteuses de trafic. Aussi, créer des pages indépendantes de la hiérarchie imposée par le menu peut alors s’avérer utile, ce que permet justement les pages dites « tags » : En associant aux produits des mots-clés ou des expressions, l’outil du back-office crée alors dynamiquement des urls  (dans le style nom-de-domaine/tag/expression) pour afficher une page web regroupant les produits « taggés » en question.

Le tag des clones

La plupart des CMS proposent des solutions ou des plug-ins permettant de gérer ces tags (tels les « mots-clé » de WordPress), mais en pratique, leur utilisation est bien souvent dévoyée et contre-productive. D’une part, les liens vers les tags ont tendance à s’afficher n’importe où, et d’autre part, les webmasters ont une fâcheuse tendance à démultiplier leur nombre en utilisant des mots-clés hyper-génériques, parfois déclinés au singulier et au pluriel, voire avec des fautes d’orthographes (si si, je l’ai vu !), ou en utilisant des expressions hasardeuses pour cloner des pages offrant exactement les mêmes produits, le tout sans contenu différencié : une duplication quasi parfaite,  parfois même avec une (sous-)catégorie déjà existante. Pourtant, bien utilisés, les pages tags peuvent s’avérer des atouts SEO et comerciaux très précieux.

Jeu de thème (moi non plus)

Pour être efficace, la création d’une page tag doit être mûrement réfléchie :

1) En premier lieu, bien évidemment, trouver des thèmes qui permettent de regrouper logiquement des produits présents dans des catégories différentes, ou qui pourraient faire l’objet d’une sous-catégorie propre au sein de plusieurs catégories. Par exemple, si vous vendez des crèmes solaires et des soins pour bébé dans un même site, plutôt que de créer une sous-catégorie « crêmes solaires pour bébé » associée à l’une ou l’autre des catégories (sinon les deux), une page tag indépendante fera un lien logique et sémantique entre les deux sous-catégories.Les pages tags peuvent ainsi servir à compléter l’arborescence principale du menu sous un autre angle : si vous vendez par exemple des colonies thématiques pour enfants avec une segmentation par catégorie basée sur les périodes de vacances (Toussaint, Noël etc..), les tags pourront permettre de regrouper les séjours par thématiques sportives ou culturelles.Les thématiques les plus efficaces répondront surtout à des expressions précises, souvent à une spécialisation d’une requête plus large. Un petit truc de SEO : pour bien cibler les tendances du moment, utilisez Google Suggest (via ubersuggest par exemple) pour trouver des suggestions plus ou moins calquées sur la demande réelle. Si vous avez un moteur de recherche interne, cherchez parmi les expressions les plus fréquemment demandées ne collant pas avec la thématique d’une page du menu.

2) La page tag, comme toutes les pages, doit donc répondre parfaitement à une requête visée (à quelques variantes près) pour être bien positionnée : il faut y associer un contenu principal adéquat, conséquent, mais surtout complémentaire aux autres pages (donc unique). Chaque page tag doit enrichir la sémantique du site et ne pas effrayer le Panda qui passerait par là. Veuillez aussi faire en sorte qu’un nombre minimum de produits soient disponibles et que la liste diffère de celle d’une autre page (sous-catégorie, autre page tag), sauf si vraiment vous arrivez à créer un contenu principal vraiment différent. Inutile aussi d’y associer l’intégralité de vos produits si l’offre est potentiellement importante : faites une sélection pertinente en fonction de vos objectifs (notamment en terme de ROI, CA) sous peine de tomber dans les travers d’une pagination contre-productive et d’une offre à première vue peu engageante pour le visiteur. Les produits les plus redondants seront également mieux évalués, une raison de plus pour bien les sélectionner quand on a le choix.

exemple-page-tag-SEO

3) La page tag a pour but de devenir une nouvelle porte d’entrée vers votre site pour accueilir, en grande partie, des nouveaux visiteurs. Or, ces derniers ont une idée derrière la tête bien précise : mettez vous à la place de celui qui visite votre site pour la première fois via cette page. Soignez l’ergonomie et l’accès aux pages associées.

4) Les liens internes principaux (ceux du contenu) doivent également renvoyer vers d’autre pages à la thématique voisine (même de loin) et/ou complémentaire : d’autres pages tags mais aussi quelques pages de l’arborescence classique (menu) que l’on souhaite mettre en valeur.  Sur les pages du menu, surtout, mais alors surtout, ne pas proposer des « nuages de tags » présents sur toutes les pages (comme on le trouve encore fréquemment) ! Préférez des liens situés dans le contenu principal. Bien pensé, le réseau de liens internes via les pages tags pourra permettre de « pousser » un peu plus les catégories ou les produits les plus efficaces en terme de génération de CA.

5) En plus du référencement naturel, dans une logique d’efficacité à très court terme, les pages tags peuvent être également créées spécifiquement pour une campagne payante type Adwords afin de coller au mieux à un groupe de requêtes (ou d’annonces visuelles), et ainsi intéresser d’autant plus l’internaute (moins de rebonds attendus que sur une page moins ciblée). Les annonces associées auront plus de chance de bénéficier d’une bonne note de qualité (par rapport à une page moins ciblée) qui fera augmenter du même coup la fréquence de vos annonces et baissera le coût par clic.

En résumé, une bonne utilisation des tags permet de décloisonner les différents « silo » et de renforcer les interactions entre les pages en suivant une logique à la fois sémantique et commerciale. Si l’architecture de votre site est bien soignée, on se rapproche alors d’une logique de cohérence sémantique plutôt bien considérée par les moteurs. Par expérience, l’accès à la première page des Serps est alors rapidement envisageable sur la requête visée. La mise en place de cette stratégie demande toutefois un minimum de compétences / d’efforts pour personnaliser et bien paramétrer le tout si vous utilisez un CMS classique, surtout si vous voulez automatiser certaines régles par défaut (dans le cas des blogs sur wordpress, lire l’excellent post de D. Roch), car aucun n’offre par défaut des solutions vraiment satisfaisantes.

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